L’éducation par la curiosité – Apprendre à apprendre


La science de l’art, l’art de la science… Et l’horizon
15 octobre, 2006, 9:48
Classé dans : apprendre, enseigner, français

La lecture d’un entretien avec Albert Jacquard fait écho, avec une justesse déconcertante, à toutes les recherches et pistes que j’ai pu explorer jusqu’à maintenant quant à la place que pourrait prendre l’art dans l’éducation.

Si la science peut se prévaloir d’ouvrir la connaissance à ce qui se passe juste quelques pas plus loin derrière l’horizon, l’art est certainement une discipline qui partage avec les sciences cette faculté de dépassement du connu. Ne faut-il pas un peu de créativité pour imaginer des problèmes, des questionnements auxquels, ensuite, on se voue corps et âme, sur la paillasse du laboratoire, à résoudre coûte que coûte? Ne faut-il pas un peu de rigueur pour observer, décomposer, analyser puis produire une oeuvre?

C’est alors que se pose la question de l’expression, des outils que l’on veut bien donner aux enfants et ceux qu’on se préserve de donner. Peut-être font-ils peur? Un enfant capable de voir et explorer plus loin que l’horizon n’a plus besoin d’aide. Il trace son chemin. Mais, est-ce vraiment le cas? Regarder là où on a pas encore mis les pieds peut éveiller l’esprit mais peut aussi s’avérer une route dangereuse si on à pas les outils pour prendre le recul nécessaire.

Alors, l’école à peut-être toujours son rôle, même dans un système qui accorderait à l’art sa place de défricheur, de loupe sur le monde et les sentiments, de fenêtre de l’âme. Si il y a une discipline où nous sommes tous égaux, c’est bien l’art (l’art brut montre bien la sensibilité de toutes les productions, même celles des désaxés, des déséquilibrés).

Si l’on exclut les référents esthétiques pour ne retenir que ceux de l’expression, alors l’enfant est tout aussi capable de présenter aux autres un petit bout de ce qu’il perçoit un peu plus loin que le monde sensoriel, précisément du côté du monde sensible.