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La télévision nous accorde parfois de voir autre chose, une vue à la loupe d’une carte topographique usée pour être passée de main en main trop de fois. 1h57 min. qui nous rappellent que la vie est faite de peurs, de larmes, mais aussi d’espoirs, de rêves, de petits riens mis bout à bout. Avec “ça commence aujourd’hui”, la vie triste et misérable dont on oublie si facilement les conséquences sur les enfants, posés au milieu de tout ça, devient d’autant plus insoutenable. Ne rien faire, n’est cependant pas au programme (s’il ne s’agissait que du scolaire, on ne s’en tirerait pas trop mal). Tout se joue en très peu de temps, les premières années sont celle où le monde se déplie devant leurs yeux et un peu de couleur n’est pas un luxe, au contraire… Le désir de vivre, de se battre et de sourire ne s’achète pas. Par contre, il s’envole si facilement que même une bulle de savon paraît moins éphémère.
Un banc pour éviter un autre ban. Celui de l’école pour ne pas tomber dans celui de la société. C’est à la force des bras qu’il faut toujours et sans relâche maintenir la bulle de savon en vol, transparente et colorée, merveilleuse et légère. On a oublié que l’école est pour les plus petits le droit de ne pas marcher exactement sur les pas de leurs parents. Un jour, il faut trouver son propre chemin vers la vie, et ça commence aujourd’hui…
La lecture d’un entretien avec Albert Jacquard fait écho, avec une justesse déconcertante, à toutes les recherches et pistes que j’ai pu explorer jusqu’à maintenant quant à la place que pourrait prendre l’art dans l’éducation.
Si la science peut se prévaloir d’ouvrir la connaissance à ce qui se passe juste quelques pas plus loin derrière l’horizon, l’art est certainement une discipline qui partage avec les sciences cette faculté de dépassement du connu. Ne faut-il pas un peu de créativité pour imaginer des problèmes, des questionnements auxquels, ensuite, on se voue corps et âme, sur la paillasse du laboratoire, à résoudre coûte que coûte? Ne faut-il pas un peu de rigueur pour observer, décomposer, analyser puis produire une oeuvre?
C’est alors que se pose la question de l’expression, des outils que l’on veut bien donner aux enfants et ceux qu’on se préserve de donner. Peut-être font-ils peur? Un enfant capable de voir et explorer plus loin que l’horizon n’a plus besoin d’aide. Il trace son chemin. Mais, est-ce vraiment le cas? Regarder là où on a pas encore mis les pieds peut éveiller l’esprit mais peut aussi s’avérer une route dangereuse si on à pas les outils pour prendre le recul nécessaire.
Alors, l’école à peut-être toujours son rôle, même dans un système qui accorderait à l’art sa place de défricheur, de loupe sur le monde et les sentiments, de fenêtre de l’âme. Si il y a une discipline où nous sommes tous égaux, c’est bien l’art (l’art brut montre bien la sensibilité de toutes les productions, même celles des désaxés, des déséquilibrés).
Si l’on exclut les référents esthétiques pour ne retenir que ceux de l’expression, alors l’enfant est tout aussi capable de présenter aux autres un petit bout de ce qu’il perçoit un peu plus loin que le monde sensoriel, précisément du côté du monde sensible.


